Deux amis, Camille et Dominique, discutent :

Camille – « Oui je sais que nous vivons dans une société de consommation mais tout le monde n’a pas la chance d’être cultivé comme nous pour s’en rendre compte. Et d’autres s’en moquent, tu ne peux pas les empêcher de courir après cette envie de consommer et de se faire plaisir, c’est dans la nature humaine.
Dominique – Mais toi, qui sais que nous évoluons dans cette société et qui la déplore, tu ne sembles pas changer ton comportement.
C – Oui mais je pourrais
D – Mais pourquoi tu ne le fais pas ?
C – Parce que ça ne servirait à rien.
D – Mais si ça servait tu le ferais ?
C – Peut-être oui.
D – Pourquoi peut-être?
C – Il faut que j’en ai envie. »

L’humain a la capacité de savoir qu’il a envie de choses. A partir de là, il a la capacité de faire des choix conscients. C’est là une grande différence avec le règne animal qui agit uniquement selon ses besoins instinctifs et ce que l’environnement lui propose. Le libre-arbitre est propre à l’être humain. Il est inhérent à sa nature, à la nature humaine.

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Revenons à Camille et Dominique

« Dominique – Je comprends. Par exemple tu sais que la consommation de viande ou de lait animal nuit plus à notre santé qu’elle ne la sert, mais tu continues à en consommer car tu aimes ça et que tu en as envie.
Camille – Pas seulement, c’est aussi parce que c’est faux !
D – Comment ça ?
C – A bien y penser c’est absurde car bien que l’humain puisse vivre sans, le fait que nous en consommions depuis longtemps et que nous vivions plus longtemps que nos ancêtres prouve que notre organisme est naturellement adapté.
D – Une vache est-elle herbivore ?
C – Oui.
D – Comment en es-tu sûr ?
C – Car tout le monde le sait, et il suffit d’en observer dans un pré !
D – Oui. Et pourtant les vaches sont aussi omnivores, carnivores et un peu cannibales sur les bords !
C – N’importe quoi.
D – Pourtant tu sais bien qu’on arrive à leur faire manger des farines animales… Comme pour les poules, les poissons d’élevage et quasiment tous les animaux d’élevages modernes. On sait aussi faire manger des céréales à des herbivores ou des médicaments chimiques à n’importe quel être vivant.
C – Donc ça signifierait que leur organisme s’adapte, comme pour nous !
D – Déjà ça ne signifie pas qu’une vache est carnivore simplement parce qu’elle peut ingurgiter des farines animales. Sur le même principe ce n’est pas parce que tu peux manger un steak ou un camembert que tu es carnivore ou omnivore.
C – Admettons…
D – Ensuite tu mets devant la vache un bout de viande saignant et une touffe d’herbe, elle n’hésitera pas car elle sait d’instinct ce qui est sain pour elle. Elle ne choisira pas la viande même si tu lui promets son poids en herbe fraîche. L’être humain par contre a un libre-arbitre et grâce à ça il peut manger des bourses de taureau crues devant des caméras à KohLanta, même s’il trouve ça dégoûtant.
C – Ok…
D – Enfin, pour réussir à faire manger des céréales ou des animaux à une vache herbivore il faut transformer sa nourriture, la mélanger, puis habituer l’animal à son nouveau régime. Et surtout il ne faut pas qu’elle ait le choix, ne pas lui montrer trop d’herbe fraîche. Elle ne se rend compte de rien et avec l’habitude, elle trouve cela normal. Pour les générations suivantes ce sera encore plus simple. De plus, si tu nourris ainsi des vaches pendant longtemps, si tu remets soudainement l’une d’elle exclusivement à son régime naturel d’herbes fraîches, son organisme aura un peu de mal au début. Après tout ce temps d’adaptation à une alimentation complexe, il lui faut le temps de se réhabituer.
C – Tu veux dire que c’est normal d’avoir des digestions difficiles quand on change de régime alimentaire.
D – Oui et certains développent même des allergies ou des intolérances à des aliments normalement parfaitement adaptés à leur organisme. Il faut donc souvent agir par étapes, à l’écoute bienveillante de son corps pour habituer son organisme à revenir à son régime le plus sain et naturel. »

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Nous ne sommes pas des vaches mais notre organisme suit les mêmes lois naturelles. Aussi pour pouvoir manger et apprécier de la viande par exemple nous préférons la voir transformée, mise en scène et cuite, plutôt que d’aller prendre une hache et courir après un bœuf dans un pré pour lui croquer la jambe à pleines dents. Cueillir une pomme ou un radis et le manger sur place par contre nous procure un certain plaisir naturel.

Ceci n’est qu’un exemple avec la nourriture pour illustrer combien l’habitude pèse dans nos vies et transforme jusqu’à notre perception de ce qui est juste, bon et naturel pour nous.
Mais il n’y a pas que l’alimentation qui est soumise à ces lois : presque tous nos comportements ne sont qu’habitudes. Sur le même principe, il est difficile de changer une croyance, une conviction ou un mode de vie car il faut réhabituer tout notre être à quelque chose d’autre. Savoir et connaître une nouvelle information ne suffit pas. Il s’agit d’expérimenter par soi-même et de développer une observation authentique du monde, de soi, de ses comportements, de ses schémas de pensée, pour faire remonter à la conscience nos différentes croyances et habitudes inconscientes. Pour mesurer à quel point l’habitude rythme nos vies, je recommande un livre, No Impact Man, dans lequel un simple citoyen New-yorkais décide de changer radicalement son mode de vie pendant un an en tentant de créer zéro impact environnemental. Avec bien des surprises insoupçonnées, il partage son expérience, ses succès et ses déboires.

Revenons une dernière fois à Dominique et Camille.

Dominique  – « Du coup avec ces régimes, combinés aux conditions de vies confinées, nos vaches ne sont pas au mieux de leur forme. Et pour tenter de pallier aux désordres que cela engendre dans leur métabolisme sais-tu ce qu’on fait ?
Camille – On leur donne des antibiotiques.
D – Oui, et autres médicaments, injections et artifices. Pour qu’elles vivent un peu plus longtemps et sans trop de souffrances, on leur crée désormais des environnements artificiels équipés de matériels technologiques à la pointe du confort, avec espace de massage robotisé, distributeurs de nourriture à la demande etc. Tu vois c’est un peu comme pour nous. Nous avons l’illusion de vivre mieux aujourd’hui car on vante les progrès de…
C – … la technologie, des traitements médicaux et des conditions de vie.
D – Oui, on peut maintenir en vie quelqu’un pendant longtemps et étouffer son mal-être en lui donnant d’une part de quoi occuper son esprit à autre chose qu’à son état d’être profond, d’autre part de quoi limiter la dégénérescence engendrée par son alimentation, son environnement toxique et ses conditions de vie.
C – Finalement ce que tu me dis là, c’est que nous avons conceptualisé, créé et développé des comportements, des techniques et des environnements adaptés à notre mode de vie, mais que ça n’a rien à voir avec la nature humaine.
D – Oui. Et croire que nos comportements ne changerons jamais sous prétexte que c’est dans la nature humaine est une simple croyance. Un regard illusoire et plutôt fataliste qui tente de se donner raison en comparant nos comportements actuels aux comportements du passé, et qui oublie notre incroyable potentiel de remise en questions et d’évolution. »

L’humain est habitué à la viande, alors il finit par croire que sa consommation est dans la nature humaine.
Pourtant que se passerait-il si nous supprimions partout les viandes des magasins, des cantines et des restaurants, et si nous démultipliions en abondance les fruits et légumes frais et naturels dans toutes les réseaux d’alimentation ? Peut-être serions-nous surpris de constater combien cette habitude est réversible, combien la nature humaine peut se redécouvrir facilement.

L’humain est habitué à la guerre et la violence, alors il finit par croire qu’elles font partie de la nature humaine.
Pourtant que se passerait-il si nous supprimions partout les armes, les armées et les hiérarchies contrôlantes, et si nous éduquions partout à la non-violence, la confiance, la paix, la coopération et l’amour ? Peut-être serions nous surpris de constater combien cette habitude est réversible, combien la nature humaine peut se redécouvrir facilement.

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La peur de l’inconnu et la difficulté à dépasser nos habitudes nous demande de faire preuve de volonté et de détermination pour évoluer consciemment et librement. Et si un certain pessimisme sur la nature humaine s’est répandu chez de nombreuses personnes, c’est aussi parce que nous oublions volontiers (le mental oublie vite mais c’est dans la nature humaine !) notre capacité à créer de la nouveauté, et notre aspiration à l’amour et l’harmonie.

Grâce à l’épigénétique, nous savons aujourd’hui que notre génome est influencé directement par notre environnement et notre histoire personnelle. L’Etre humain naît naturellement bienveillant et aimant. Nos premiers jours sont animés par une aspiration naturelle : Aimer. Nous ne la perdrions pas si nous évoluions dans un environnement où toute notre énergie était mise au service de cet amour : amour de soi, amour de l’autre, amour de la vie et de la Source qui en est à l’origine, amour de ce qui est, tout simplement. Il est clair que l’Etre humain n’ira pas beaucoup plus loin dans le développement d’environnements malsains et de comportements égotiques inconscients et malveillants. L’humanité semble au bout d’une expérience destructrice et elle a maintenant cette capacité unique de le conscientiser pleinement. Il lui reste à mettre toute son incroyable énergie dans la réalisation d’une oeuvre nouvelle, nourrie d’un rêve d’harmonie parfaite.

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L’humanité suit un chemin d’évolution unique bien à elle

Pensons à l’époque où l’esclavage humain était la chose la plus naturelle qui soit, où les intellectuels et même la science affirmaient que c’est dans la nature humaine.
Pensons maintenant à toutes ces choses que nous croyons immuables et demandons-nous si elles tirent leur origine de nos gênes, ou si elles empêchent justement de révéler notre véritable nature humaine.

Ce qui a affranchi les esclaves de leurs maîtres, c’est l’amour. Quand suffisamment d’êtres s’ouvrent à l’amour et la bienveillance, certaines choses ne peuvent plus exister. Elles deviennent inconcevables. Cela commence par une indignation individuelle, isolée, marginale. Puis quand elle se répand, elle finit par toucher le plus grand nombre et devenir une évidence pour tous. Certains ont rêvé de la fin de l’esclavage humain et ont fini par l’obtenir (toutes proportions gardées), d’autres rêvent de la fin des guerres ou de l’argent.

A partir du moment où tous ces rêves existent ne serait-ce que dans l’esprit d’un seul individu, à partir du moment où ils peuvent être simplement imaginés et conceptualisés par l’un d’entre nous, alors ils révèlent le potentiel de les réaliser. Ils révèlent que la nature humaine, c’est cette faculté de croire, de créer le changement, de transcender les comportements passés. Ils révèlent notre amour profond pour la Vie et notre aspiration à une harmonie totale avec nos semblables et avec l’univers, cette harmonie et cet équilibre que nous enseignent parfaitement les autres règnes de la nature, minéraux, végétaux, animaux. Nos cellules baignent de la même lumière. Elles portent en elles la même vibration d’harmonie, la même tendance à un divin équilibre.

Si nous trouvions une explication à la nature humaine en faisant simplement référence à nos comportements les plus primitifs, recyclés par habitude depuis des millénaires, alors inutile de chercher plus loin pourquoi la plupart des gens ne se bougent pas les fesses pour renouer avec leur véritable aspiration de servir l’amour et l’harmonie ! Réduits à l’idée d’un humain « créature », ils ne le voient plus « créateur ». Abandonner ses rêves de Lumière, c’est abandonner son pouvoir créateur, celui-là même qui nous a permis un jour d’abolir officiellement l’esclavage, de traverser les océans ou d’explorer l’espace ; celui-là même qui aujourd’hui nous pousse à un éveil massif des consciences.

L’humanité a assez dormi et se réveille. Pour l’instant elle s’étire et ça bouscule pas mal, on pourrait même croire qu’elle va tomber du lit. Mais quand elle ouvrira pleinement les yeux, rien ne sera plus comme avant.

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